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déc 20 2009

BIOGRAPHIE ET INTERVIEW D’EL ZORRO

» Escrito en Biographies, Discographies, Interview por Salsatimba a las 17:42

Ecrit et réalisé  par Myriam

 

Bienvenue dans le repère d’El Zorro où se mélange toute la musique de Cuba. Certains me diront encore (malheureusement) « El Zorro » avec le sergent Garcia. Non El Zorro c’est plutôt ça :

El Zorro c’est la rencontre de deux hommes, deux musiciens, deux continents différents mais qui battent aux mêmes rythmes, ceux de la musique et de Cuba ; l’un est né dedans (Gustavo) l’autre est tombé dedans (Martin) mais au final comme ils le disent si bien « somos hermanos » (nous sommes frères). 

    El Zorro c’est aussi et surtout le pilier et le fondateur du groupe, le surnom de Martin Richard Lehner : Pianiste, tromboniste, compositeur, producteur. Né en Suisse, il y étudie le jazz, ainsi que le trombone au conservatoire de Winterthur. En 1989 et dans les années qui suivent, il devient professeur de trombone et de théorie musicale à l’école de jazz et à l’université de Zurich, ainsi que directeur du département de Jazz du « Zurich Conservatory Classical and Jazz ».

    En même temps il se passionne pour la musique cubaine, joue déjà dans différents groupes. Mais c’est quand il part en 1995 à Cuba pour parfaire ses connaissances que tout change et qu’il en revient avec un projet phénoménal : « El Zorro ».

    Ce projet n’aurait pu se faire d’ailleurs sans une autre personne : Gustavo Carlos Duran Anaya « El Buda ». C’est à Santiago de Cuba et à la Havane qu’il y apprend la musique. Tromboniste, il joua d’abord pour l’Orquesta Sinfonica del Oriente et fut membre d’autres groupes dont Los Tainos, Los Kinin, Chan Chan ainsi que les mythiques Sur Caribe et Elio Reve y su Charangon.

    De l’amitié entre ces deux hommes, naît alors le groupe « El Zorro ». Dés lors ils ont l’intelligence de mêler les compositions de Martin Richard Lehner, leurs musiques et leurs savoirs aux plus grandes voix de Cuba.

Mayito Rivera En effet, l’incomparable Mayito Rivera, musicien mais aussi chanteur d’un des plus grands groupes de Cuba « Los Van Van » participe à presque chaque album. Il chantera entre autre « Volando », « Te Fuiste », « Somos Hermanos », « Frio Frio », « Cuarenta y seis », « Llego,  Llego ».

Angel Bonne Angel Bonne, quant à lui, n’est pas en reste non plus. Musicien, saxophoniste, chanteur, il rejoindra également les « Van Van », participera à d’autres projets comme avec Pupy ou Sur Caribe et intégrera lui aussi l’équipe d’El Zorro. Il y chante « Para », « Te doy me mano », « El Fenomeno », « El Sapo », « Mi Tierra », « La Rumba Te Llama »…

    D’autres chanteurs célèbres viennent s’y ajouter. Il y a Roberto Pulido Gonzales (Charanga Forever) avec « Ay, Como Me Sube », Osdalgia (Bamboleo) avec « El Zorro », « Lloro », Nelson Manuel avec « Relajate », « Maria », mais aussi Evelio Jaz Ramos sur l’album « Somos Hermanos ». Entourés de tous ses musiciens de talent, ils nous font rentrer dans leur univers.

    En effet, ils nous entraînent sur les rives de Cuba, à la Havane et dans le pays tout entier à travers leur amitié aux sons de la Timba, du Cha Cha Cha, du Son, du Boléro, de la Salsa, du Danzon, du Guaguanco et de la Rumba.

    Les textes sont principalement écrits par Martin Richard Lehner et les sujets sont divers et variés. Et bien qu’il s’agisse d’un groupe cubano-suisse, Cuba est là, dans toute sa complexité autant dans la pauvreté, le désespoir, la délinquance (« Oh La Habana ») que dans la joie et l’amitié (« Somos Hermanos », « El Zorro », « Te doy me mano »), ainsi que dans l’amour et la religion.

    Il y évoque alors la joie de vivre là -bas le rhum, le soleil, l’amour, la rumba, l’amitié, la vie et ses difficultés. Il y invoque les dieux de la religion Yoruba : entre autre Elegua (dieu des chemins, patron des croisements et gardien des portes) et Orula (devin et gardien de la connaissance).

    Teintée de Timba mais pas seulement, leur musique fuse, leur musique est éclectique. Le Cha Cha Cha (« Mi Tierra ») côtoie aussi bien le Boléro (« Te Lo Juro ») que la Timba (« Frio Frio ») ainsi que la salsa romantica (« Sobrenaturalo »).

    De leur premier album « La Vida Entera » jusqu’au dernier « Ay, Como Me Sube », on note une évolution certaine. En effet, influencés certainement par les classiques et les grands groupes de Cuba, ils ont su se démarquer et trouver leur style, leur propre rythme et leur propre musique : la patte « El Zorro ».

    De la réunion de personnalités diverses, ils ont su créer un groupe à part, c’est ce qui fait leur différence, leur richesse, une complémentarité de chaque instant.

 CD El Zorro

Myriam : La première question qui me vient à l’esprit, c’est pourquoi El Zorro ? Pourquoi ce surnom ?

    Martin Richard Lehner : Lorsque je me suis rendu pour la deuxième fois à Cuba, j’avais quelques compositions originales dans mes bagages. L’idée était de présenter à Gustavo et à d’autres musiciens cubains mes nouvelles compositions. J’étais curieux de connaître leurs opinions. Une grande partie de ces musiciens cubains ne pouvait pas croire qu’un type suisse, comme moi, ai pu écrire ces airs-là. Donc, ils m’ont appelé « Zorro » (le renard). Ce qui signifie que je suis un garçon futé, intelligent et habile. Vu que j’avais hérité de ce surnom typiquement Cubain « El Zorro », j’ai donc décidé de l’utiliser pour ce projet suisso-cubain.

    Myriam : D’où vous vient votre passion pour la musique cubaine ?

    Martin Richard Lehner : Au cours de mes études de musique, j’ai commencé à jouer de la musique latine et de la Salsa. Et bien sûr, à un moment donné, j’ai découvert la richesse de la musique cubaine. La salsa cubaine (appelée Timba) est riche de la culture musicale cubaine, comme le Danzon, le Son, le Guaguanco (la rumba cubaine), la Santeria (les rythmes religieux). Elle est aussi mélangée à des éléments nouveaux de différents styles musicaux tels que le Jazz, le Funk, le Rock, la Pop et le Hip Hop. Cette combinaison rend la Timba très complexe et intéressante. Je n’ai jamais vu un pays avec un tel niveau de compréhension de la complexité musicale comme Cuba. Du bébé à la grand-mère, l’ensemble du pays danse sur la Timba, et la Timba (je vous parle en connaisseur) n’est pas une oeuvre musicale facile.

    Myriam : Quels sont les groupes cubains qui vous ont le plus influencés ou qui vous inspirent le plus ?

    Martin Richard Lehner : Au début, il y eut le magnifique groupe Los Van Van, plus tard, la Charanga Habanera (timba Creasy-bands) et Manolin « El Médico de la Salsa ». Egalement Paulito F.G. mais pas seulement en hommage au chanteur Paulito, en hommage aussi aux deux des plus grands arrangeurs de la musique cubaine : Juan Manuel Ceruto et Joaquín Betancourt. Enfin j’aime aussi Issac Delgado, Manolito, Bamboleo et Maravillas de Florida. Pour le moment, je ne suis pas vraiment influencé par un groupe cubain, mais je suis devenu un grand fan du groupe « Guaco » du Venezuela.

    Myriam : Même si on connaît un peu votre histoire, racontez nous votre rencontre avec Gustavo Carlos Duran Anaya « El Buda ».

    Martin Richard Lehner : La première fois où j’ai voyagé pendant 4 semaines à Cuba, j’ai passé 2 semaines à Santiago. Chaque matin, j’ai eu là, quelques leçons de percussions. Pour ne pas perdre la main (pour l’entretien) j’ai aussi pratiqué le trombone et pour cela je jouais sur une terrasse. Donc tout le monde pouvait m’écouter jouer dans le quartier. Un matin, Frankis un tromboniste cubain est passé dans la rue, histoire de savoir qui diable jouait ici. Plus tard Frankis m’a présenté Gustavo. Tous les deux, Frankis et Gustavo jouaient dans l’orchestre symphonique de Santiago. J’ai passé des moments agréables et intéressants avec Gustavo, et ainsi nous sommes devenus amis.

    Myriam : Comment vous est venue l’idée de créer un groupe ? Et d’y associer de grands chanteurs tels que Mayito Rivera et Angel Bonne ?

    Martin Richard Lehner : Depuis 8 ans, j’ai une formation suisse d’El Zorro. Cela signifie que je joue, principalement en Suisse, avec des musiciens suisses et cubains (vivant en Suisse). En novembre 2009, le Festival « Aqui Cuba » m’a fait une offre très intéressante pour jouer au festival et inviter Angel Bonne en guest star. Nous avons eu beaucoup de plaisir à jouer quelques concerts avec Angel, et nous avons eu beaucoup de succès alors nous avons décidé d’organiser d’autres concerts au mois de juillet 2010. Nous allons jouer en Suisse, en Pologne, en Italie et peut-être à nouveau en France. Nous verrons ce que l’avenir nous réserve.

    Myriam : En tant que parolier, d’où vous vient votre inspiration ? Avez-vous des thèmes privilégiés ?

    Martin Richard Lehner : Très bonne question, je ne sais vraiment pas. Parfois, j’entends une phrase, une partie du texte d’une chanson et après, je pense, « oh cela pourrait être un thème sympa pour une nouvelle chanson. » Une autre fois, je regardais les nouvelles à la télé et j’ai vu des gens se battre pour des raisons religieuses. Après cela, il fut évident pour moi que je devais écrire une chanson pour dénoncer cette folie. Cela a donné la chanson «Para! ». Le plus populaire est le thème de l’amour dans mes chansons. La relation entre un homme et une femme est encore un thème important dans la vie de chacun.

    Myriam : A votre avis en quoi votre musique sort-elle du lot ?

    Martin Richard Lehner : La différence vient de mon héritage culturel. J’ai grandi en écoutant toutes sortes de musiques à la radio. La Suisse n’a pas vraiment sa propre musique. Hormis certains yodels, mais, sérieusement, oubliez cela. La Suisse n’a pas d’origine ethnique. Nous sommes issus de différentes nations.

    Je tiens donc à dire que je ne suis pas enfermé dans un type particulier de musique. La plupart des compositeurs cubains pensent d’abord au groove (à l’aspect rythmique) et ensuite à la mélodie et à l’harmonie. Réfléchissez à cela, « combien de succès internationaux cubains y a t-il eu dans le passé? » Bon, vous vous souvenez de quelques uns. Faites la même chose avec la musique brésilienne, et vous obtiendrez beaucoup plus de mélodies à succès. Je tiens à expliquer que les Cubains sont très forts dans les rythmes mais pas vraiment dans les mélodies. Lorsque je compose la musique, je pense indifféremment le groove, les harmonies et les mélodies en même temps, et peut-être que cela me donne des résultats différents, comme d’autres groupes cubains.

    Myriam : Comment le groupe « El Zorro » est-il perçu en Suisse ?

Martin Richard Lehner : Très, très mal. Malheureusement, un « Prophète » n’a pas les honneurs dans son propre pays. J’ai beaucoup plus de succès en Italie, en Espagne, en France et en Allemagne.

    Myriam : Envisagez-vous de faire une tournée en Europe ?

    Martin Richard Lehner : Oui, je suis maintenant en train d’organiser quelques concerts en Juillet 2010 à nouveau avec Angel Bonne. Nous allons jouer en Suisse, en Pologne, en Italie et peut-être à nouveau en France.

    Myriam : Y a-t-il un cinquième CD en préparation et si oui, peut-on s’attendre à des surprises ?

    Martin Richard Lehner : Oui, il y a un 5ième CD en préparation, et il y aura un tas de surprises. J’espère que la production sera achevée pour l’été 2010. Je sais que certains auditeurs aimeront la musique et d’autres pas. Comment puis-je le savoir? La seule chose que je sais c’est qu’il y aura de nombreuses nouveautés dans les prochains CD. Exactement comme vous l’écrivez dans la biographie, tout nouveau CD est une nouvelle étape vers une orientation nouvelle. La musique doit vivre et la musique doit changer, doit se développer, sinon, elle meurt.

    Myriam : Enfin désirez vous laissez un petit message à votre public français.

    Martin Richard Lehner : Pas vraiment un message, mais leur dire merci à tous d’écouter ma musique … (et bien sûr demander de télécharger légalement sur un portail Internet ou d’acheter les CD dans un magasin).

El Zorro

Martin Richard Lehner

 

Discographie :

Discographie 

2003 : La Vida Entera

2005 : Somos Hermanos

2007 : Volando

2008 : Ay, Como Me Sube

 

El Zorro ( English version)

Martin Richard Lehner

    Welcome to the world of El Zorro, a melting pot of all Cuban music. Unfortunately some people wil still link the name of El Zorro to that of Sergeant Garcia, but no, El Zorro is now this:

 

mar 11 2009

Juan Formell y Los Van Van - Biographie - Discographie

» Escrito en Biographies, Discographies por Salsatimba a las 21:51

Los Van Van

« Los Van Van » à eux seuls c’est trois mots peuvent résumer le phénomène du groupe créé par Juan Formell à la fin des années 60 à Cuba. « Los Van Van » « aller de l’avant, faire plus » représente bien alors l’esprit du groupe et de son fondateur, toujours en mouvement, toujours précurseur, toujours à l’avant garde tant par sa musique, que par ses textes et même par ses musiciens eux-mêmes.

« Los Van Van » c’est d’abord des musiciens (et pas n’importe lesquels !!). A l’origine, il est le fait d’un homme, Juan Formell qui quitta l’Orquestra Revé avec plusieurs autres membres de ce groupe, tel que César « Pupy » Pedroso (pianiste, arrangeur, compositeur). On y trouve également José-Louis Quintana « Changuito » timbalero, mais aussi Miguel Angel Rasalps au chant, Blas Egües à la batterie, le flûtiste José Luis Cortès, Julio Norona au guiro…

Concert salsa à Toulouse
Les fondateurs de Los Van Van, Juan Formell, Pupy, Changuito ont commencé très tôt à jouer. Ils ont chacun à leur manière marqué la musique cubaine, faisant de ce groupe un lieu de création et d’innovation formidable, ils développent un nouveau genre, le songo et qui adoptera dans les années 1990 la timba, dernier né des genres musicaux cubains. Changuito par son jeu et ses apports au niveau rythmique, Pupy par ses arrangements, son jeu au piano et ses compositions.
Quant à Juan Formell, bassiste, compositeur, arrangeur et directeur des Van Van, il est considéré comme une des figures emblématiques de la musique cubaine. Né le 2 août 1942, il commencera assez vite sa carrière professionnelle. En 1957 il est déjà musicien dans des orchestres de cabaret, à la radio et à la télévision. En 1959, il intègre la Banda de Musica de la Policia Revolutionaria ; en 1965 l’Orquestra Rubalcaba ; puis en 1966 l’Orquestra Peruchin, enfin en 1967 l’Orquestra Revé. Ses idées révolutionnaires sur la musique et son goût du renouvellement l’entraîne alors à créer son propre groupe : les « Los Van Van », investigateur de la Timba.
Marquée par différents types de musique, leur charanga (puisque c’en est une au départ) va se moderniser rapidement et intégrer très vite de nouveaux instruments et de nouvelles voix.
En effet, influencé par Elio Revé et voulant aussi s’en démarquer, Juan Formell, grâce à Pupy et à Changuito, donne une importance plus grande à la basse et rend plus percussives les attaques au pailas, mais aussi les tumbaos de piano. En 1982, il intègre les trombones et c’est Edmundo Pina qui en accentuera l’agressivité du son. Il donnera aussi un rôle plus important au synthétiseur grâce à Boris Luna (ex membre du groupe d’Isaac Delgado). Voulant aussi développer la polyphonie des voix, il intègre plusieurs chanteurs dont Pédrito Calvo.
Cependant au fur et à mesure des années, des changements s’opèrent au sein même des musiciens, l’incontournable Pupy, le géant Changuito, Pédrito Calvo et d’autres partent pour former leur propre groupe ou tenter une carrière en solo.
Samuel Formell, son propre fils, remplacera alors avec talent Changuito à la batterie ; Roberto « Cucurucho » Carlos (ex membre de la Charanga Habenara) remplacera, lui, Pupy. Quant au chant, le groupe se voit attribuer d’un quatuor de voix hors norme, voix  qui seront plus performantes dans les improvisations de type soneras que comporte le songo.

Conceert Toulouse
Juan Formell fera appel à Abdel Rasalph (lui-même fils d’un membre fondateur de Los Van Van) et à Yenisel Valdez (ex membre du groupe NG la Banda). Viennent s’ajouter aussi Mario « Mayito » Rivera, qui fut aussi pendant longtemps percussionniste, bassiste et Roberto « guayacan » Hernandez (ex membre du groupe de Pachito Alonso). Quatre voix, quatre personnages charismatiques qui font une partie du succès de Los Van Van actuellement.

« Los Van Van » c’est aussi une musique, toujours en évolution, un son particulier, un nouveau rythme. C’est le « songo » qui est le résultat de l’alliance et du travail de Juan Formell, Pupy et surtout Changuito. C’est le mélange entre les rythmes et les sons traditionnels cubains et caribéens avec des influences du rap, du rock, des musiques brésilienne, du merengue grâce à l’ajout de nouveaux instruments tel que le synthétiseur et la batterie.
Juan Formel définit alors le songo comme tel : « une synthèse de son et d’autres rythmiques tirées du vaste arsenal afro-cubain qui habite nos racines. Et, bien sûr, cela inclut notre sonorité actuelle. » Bohemia magazine (Havana City), 1972. Il s’agit donc d’un son et d’un rythme nouveau mais toujours cubain.
Cependant, cette évolution ne s’est pas fait en un seul jour. C’est un long processus de recherche entre ces trois hommes. D’abord Changuito, qui a bénéficié du travail de Blas Egües (le premier batteur de Los Van Van).
Il développera alors principalement le songo au travers de nombreuses variations dans le jeu des congas et des timbales (qui emploient une grosse caisse – qui ajoutée au cross stick est un élément déterminant, jouant généralement le contretemps du deuxième temps de chaque mesure (en 4/4) – parfois une caisse claire et un tom basse). Les cloches et le cross stick sur le tom basse des timbales jouent aussi leur rôle, tout comme le jeu des congas, plus syncopé que dans le Son montuno.
Il faut ajouter aussi à cela le jeu de la basse par Formell et du piano par Pedroso. Ce dernier y développera un style unique et deviendra le roi du tumbao. Influencé par son père, ainsi que par d’autres musiciens, il envisagera le tumbao à sa manière, différents des autres :

Los van van à Toulouse
« C’est que, je me suis rendu compte, comment les autres font le Tumbao et moi je le fais de manière différente. Cela a été mon idée à partir de celle de mon père de faire le Tumbao d’une certaine façon, je me suis dit : Si j’ai un accord complet, - un accord à 5 notes, 4 notes – et si j’ai ces 4 notes pour faire un Tumbao pourquoi utiliser seulement une seule note (NDLR : main droite et main gauche jouent la même note à l’harmonique). C’est cela qui se faisait, les gens n’utilisaient qu’une seule note à la fois. Alors que ce je fais moi, je répartis les 4 notes (NDLR : il harmonise le tumbao à la tierce ou à la quinte, en utilisant tout l’accord), je le fais comme si j’étais en train de faire un thème de Bach », Interview de Cesar « Pupy » Pedroso pour Baila en cuba 2006.
c’est tout ça réuni, le travail de ces trois hommes ( « Quand je (Pupy) composais un numéro pour Los Van Van, le premier du groupe que j’appelais c’était Changuito et après seulement on le chantait à Formell, je réécrivais souvent le Tumbao. Parfois c’est lui qui le réécrivait car Formell devait aussi chanter et il devait s’accommoder à la fois du chant et du jeu de la basse, si bien que il y a beaucoup de fois où il a fallu simplifier le mouvement de l’instrument. » Interview de Cesar « Pupy » Pedroso pour Baila en cuba 2006) qui forme le songo, un groove particulier, un son propre à Los Van Van qui influencera d’autres groupes et révolutionnera la musique cubaine. Il ouvre la porte aux changements et à la Timba.
Après plusieurs années d’innovation avec le songo et toujours en accord et à l’écoute des musiques qui les entourent (le funk, le rap, le rock, le rnb, les rythmes afro-cubains…), le groupe se dirige alors presque naturellement vers la timba qui en découle littéralement. Il sera donc à l’origine d’un grand nombre de succès comme pour la chanson « Esto te pone la cabeza mala » dans laquelle il énonce les différentes influences qui font la timba : « Timba con Rumba y Rock, Mambo con Conga y Pop. Salsa con Mozambique, y Clave de Guaguanco ! Cumbia  y Congas con Swing, Songo con Samba  y beat, Merengue con Bomba y Son, y Clave de Guaguanco. » ; et produira cinq des plus grands albums de Timba.
Mais la grande force de ce groupe s’est aussi de ne pas être enfermé dans un seul et même style. Dans ses chansons, on peut passer du son (« hay mujeres » « me mantengo ») à la timba (« Tim Pop Con Birdland - Yes ») mais aussi au songo, à la rumba (« Soy todo» songo rap ; « de la habana matanza » rumba songo ; « la habana si » songo).

« Los Van Van » c’est également des textes. C’est Juan Formell, qui pendant longtemps, presque 20 ans, restera le seul auteur du groupe et ce n’est qu’au début des années 1980 qu’il laissera la porte ouverte à d’autres compositeurs comme Rodulfo Vaillant, Marisol Ramirez, Evaristo Aparicio ; mais aussi à ces propres musiciens tel que José Luis Cortès, Pédrito Calvo et surtout César « Pupy » Pedroso. Ce dernier composera plusieurs grands titres de Los Van Van : «  Ni bonbones ni caramelos », « La bomba soy yo », « Temba, Tumba, Timba », « El negro esta cocinando »…
Juan Formell, dans ses textes et dans sa musique, reste aussi toujours très proche des gens, de leurs préoccupations, de leur vie, de leur culture et de leur danse. En effet, jusque dans le nom de son groupe, il fait référence à une expression cubaine « de que van van » « ils vont vraiment aller » ou alors « il vont vraiment le faire » qui se rattache à un slogan de 1969 « loz diez milliones van » (les 10 millions vont…) concernant la prévision de la plus grande récolte de canne à sucre du pays. Il en fera alors « Los Van Van ».
Dans les textes, il dépeint donc les difficultés de la vie et du quotidien à Cuba, de véritables chroniques sociales. On y trouve entre autre :
Le problème de la surpopulation dans la capitale « La Habana no aguanta mas », « La Habana si » ;
Le problème du niveau de vie « Por encima del nivel » et de la  formation professionnelle « de 5 a 7 ».
Mais ce n’est pas tout, on y rencontre aussi les thèmes de l’amour, de la vie, mais aussi de la santeria comme dans la chanson « soy todo ». Celle-ci fut la première composition de Juan Formell concernant cette religion, adaptée d’un poème d’ Eloy Machado « El Ambia ». Il y invoque les dieux de la religion Yoruba, ici, plus particulièrement Orula : devin et gardien de la connaissance :
« Yo soy el poeta de la Rumba…. Soy la mision de mi raiz, la historia de mi solar…Soy Arere, Soy conciencia, Soy Orula…Soy los tambores bata, Soy la clave, soy el quinto, y el pregon, Yo soy Van Van, Yo soy Cuba…te prometo que la esencia del Yoruba yo, Siempre la defenderé, Amparame, protégeme, ayuadame !… » ;
«  Je suis le poète de la Rumba…Je suis la mission de mes racines, l’histoire de mon îlot…Je suis Arere, Je suis conscience, Je suis Orula…Je suis les tambours Bata, Je suis la clave, je suis le quinto et le crieur, Je suis Van Van, Je suis Cuba…Je promets que l’essence Yoruba je la défendrai toujours, Protège moi, défend moi, aide moi… ».
Par la suite d’autres chansons suivront sur le même thème. C’est un retour aux valeurs ancestrales, à sa culture. Il y défend les racines de la musique cubaine. On peut aussi noter ici que les textes changent au fil des années en fonction de la musique et de son évolution : songo (avec des paroles plus engagées), timba (avec plus d’expressions lucumi – le Yoruba cubain – et avec plus de référence à la santéria); chaque avancé apporte un plus et ses caractéristiques : passage de paroles « rappées », passage de paroles « rockées ». La manière même de chanter n’est pas la même.
C’est aussi grâce à cette diversité dans la musique et dans les textes, au fait d’être toujours à l’affût de la nouveauté qui leur permet de perdurer. Ils en ont même fait une chanson : « Pasan los anos y seguimos, ahi…, que tiene Van Van que sigue ahi, ahi, asi » ; « Les années passent, et nous continuons toujours ».

Enfin après 40 ans, cette année, de vie, de musique, de scène internationale (l’Europe, l’Asie, l’Afrique, l’Amérique), de prix (un grammy award en 2000 pour le disque « Llego Van Van ») Los Van Van est toujours considéré comme un des groupes fondamentaux et des plus important de la musique cubaine. Bien que beaucoup en soit parti et que Juan Formell laisse peu à peu sa place à son fils, ils (Formell, Pupy et Chanquito) en resteront toujours l’âme.


Discographies :

Juan Formell y Los Van Van volume I à XV
La ultima en vivo
De Cuba Los VAN VAN
¡Ay Dios Ampárame!
Disco AZUCAR
Juan Formell y Los Van Van “Grandes Exitos”
Te Pone La Cabeza Mala
Van Van 30 Aniversario. Disco 2
Van Van 30 Aniversario. Disco 1
The legendary Los Van Van. “Vanvaneate” Vol. II
The legendary Los Van Van.
Llegó Van Van - Van Van is Here
The Best of Juan Formell y “Los Van Van”
En el Malecón de la Habana.
Chapeando
Aqui el que baila gana DVD
Arrasando

Arrasando los van van

Par Mounay

jan 23 2008

Discographie: Adalberto Alvarez y su son

» Escrito en Discographies por Salsatimba a las 22:06
  • A Bayamo en Coche
  • Conjunto Son 14
  • Adalberto y su Son
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jan 20 2008

Discographie charanga habanera

» Escrito en Discographies por Salsatimba a las 17:26

El ciclón de la Habana - 2005

Charanga Light - 2004

Soy cubano, Soy popular - 2003

Marina ¡quiere bailar! - 2003

Live in the U.S.A. - 2002
“NOMINADO A LOS GRAMMYS”

Chan, Chan, Charanga - 2001

El charanguero mayor - 2000

Tremendo delirio - 1997

Pa’ que se entere La Habana - 1996

Hey, You, Loca ! - 1994

Fiebre de amor (Me sube la fiebre) - 1992